
Les bilans
Structurer l’examen de la victime en 3 bilans simples et rapides
1
Définition / objectif
Le bilan doit être fait avec rapidité et rigueur.
C'est à partir de celui-ci que va découler les gestes à venir.
Si le bilan est mauvais, tout ce qui sera fait par la suite sera inapproprié.
On parle souvent "du" bilan mais en réalité il y en a trois :
Le bilan d'approche (ou bilan circonstanciel)
Le bilan vital
Le bilan complémentaire
La réalisation rapide et rigoureuse de ces bilans est primordiale. Ils permettront au secouriste de :
Avoir une idée précise de ce qui c'est passé
Avoir une idée précise de l'état de ou des victimes
Permettra de donner une alerte cohérente aux secours
2
Bilan d'approche
Comme son nom l'indique, le bilan d'approche se fait lorsque le secouriste s'approche de la victime. Tout en s'approchant il s'efforcera de ne pas "fixer" la victime comme cela est inconsciemment le cas. Au contraire il aura une vision globale de la scène et se posera les bonnes questions :
Que s'est-il passé ?
Combien y a t-il de victimes ?
Existe t-il un risque de sur-accident (risque persistant) ?
Puis-je intervenir sans risque ?
Il est très important de relever ces informations qui devront être retransmises aux secours. Cela permettra d'envoyer sur place les bons secours bien dimensionnés.
3
Bilan vital
La victime est visiblement consciente
Face à une victime qui est consciente il est inutile de faire un bilan vital. Il est évident que si la personne parle, bouge, c'est que le coeur bat, que les poumons fonctionnent et que le système nerveux est opérationnel au moins pour le moment. Pour autant, il faut tout de même rechercher des saignements éventuels et dialoguer avec la victime et la questionner :
Comment se sent-elle
Ressent-elle des douleurs
La victime est visiblement inconsciente
Le secouriste doit immédiatement vérifier la présence et le bon fonctionnement des trois fonctions vitales.
Vérifier la conscience :
Pour cela je me place à côté de la victime, je lui prends les deux mains (en prenant soin de mettre mes doigts dans ses mains) et je lui pose une question simple et je lui donne un ordre simple.
"Monsieur (Madame) que se passe t'il ? ... Ouvrez les yeux, serrez moi les mains!"

Nota : le dessin montre le secouriste
prendre une seule main mais c'est bien
les deux mains qu'il faut prendre.
Si la victime est consciente elle répondra ou elle bougera les mains. En l'absence de réaction, le secouriste estimera que la personne est inconsciente. Il devra alors vérifier la ventilation.
Attention ! Ce n'est pas parce que la victime est immobile, les yeux fermés et qu'elle ne répond pas à vos questions, qu'elle est inconsciente. Elle peut vous entendre mais être dans l'impossibilité de vous répondre. Le secouriste estimera que la victime est inconsciente si elle ne répond pas ET si elle ne bouge pas les mains, ne fait aucun mouvement.
Vérifier la ventilation (en deux phases)
Phase 1 - la bascule prudente de la tête en arrière ou libération des voies aériennes
Le secouriste place une main sur le front de la victime
Deux doigts de l'autre main se placent sur l'os du menton
Bascule de la tête en arrière. Ce geste doit se faire avec douceur en gardant la tête dans l'axe du corps. Néanmoins il ne faut pas hésiter à basculer "le plus possible" pour bien libérer les voies aériennes.
La bascule de la tête est primordiale avant de vérifier la ventilation car, si la tête n'est pas relevée la langue se positionne au fond de la gorge et obstrue les voies aériennes. Il peut arriver que, sur une personne qui ne ventile pas, le simple fait de basculer la tête peut spontanément rétablir la ventilation. De fait, une personne inconsciente sur le dos va se trouver très vite en détresse vitale si rien n'est fait.
Phase 2 - Vérification de la ventilation
Le secouriste doit maintenir la bascule de la tête en arrière durant toute la phase de vérification.



Fig 1 - Tête en position normale Fig 2 - Mouvement de bascule Fig 3 - Pendant la vérification
La langue peut "tomber" au Positionnement des mains le secouriste tient la tête en arrière
fond de la gorge et obstruer Mécaniquement la langue
les voies aériennes remonte
Tête en arrière le secouriste se baisse vers le visage de la victime
Avec son oreille il recherche "un bruit de ventilation"
Sur sa joue il sentira peut-être un léger souffle
Son regard se porte sur la poitrine de la victime et cherche un mouvement de ventilation
Il maintiendra cette position au moins 10s. En l'absence de signes durant cette période il estimera que la victime de respire pas. Il doit maintenant vérifier la circulation.
Vérification de la circulation :
En fait, la circulation ne se vérifie pas, on ne prend pas le pouls. On estime en effet que :
Si la victime ventile c'est que le coeur bat
Si elle ne ventile pas c'est que le coeur ne bat plus
Dans les faits, le coeur s'arrêtera après quelques secondes sans oxygénation, il est donc inutile de "perdre du temps" à prendre un pouls qui de toutes façons va disparaitre très vite. Néanmoins, le secouriste qui sait prendre le pouls (radial ou carotidien) le prendra quand même. Cela peut être utile de connaitre la ''qualité'' du pouls, avant de prévenir les secours.