
Le MAM (mal aigu des montagnes)
Savoir reconnaitre les signes du Mal Aigu des Montagnes et agir en conséquence
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Introduction
Le Mal Aigu des Montagnes (MAM) est un ensemble de symptômes qui surviennent lorsque le corps ne parvient pas à s'adapter assez rapidement à la « diminution de l'oxygène » en altitude, c’est l’hypoxie. C'est un sujet crucial pour tout alpiniste / randonneur, car s'il est souvent bénin, il peut évoluer vers des complications graves puis éventuellement, la mort. Pourtant, les symptômes sont relativement évidents à détecter et le premier « remède » est facile à mettre en œuvre, redescendre.
Dans 50% des cas le MAM survient au-dessus de 4000m. Toutefois, 25% des personnes peuvent le ressentir entre 2500 et 3500m. Il est par contre très rare en dessous de cette limite.
Le randonneur aguerri sensibilisé aux pathologies liées aux sports de montagne considèrera comme base de référence l’altitude de 3000m.
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Environnement et bouleversements biologiques (mal aigu des montagnes)
Que se passe-t-il en altitude
Contrairement à une idée reçue, la proportion d'oxygène dans l'air reste la même du niveau de la mer au sommet de l’Everest, 21%. Ce qui change en revanche, c’est la pression atmosphérique, plus on monte plus elle diminue. Il y a moins de pression pour faire rentrer l’oxygène dans les poumons.
De fait, votre sang, et donc votre corps tout entier est moins oxygéné.
Le sang contenant moins d’oxygène s’épaissit.
Le cœur doit fournir un effort plus important pour le faire circuler.
La fréquence cardiaque et la ventilation augmente
Évidemment, la nature est bien faite et, jusqu’à un certain point, l’organisme va s’adapter à l’altitude (c'est l'acclimatation) mais pour cela il lui faut du temps. C’est pendant cette phase d’adaptation que différents symptômes du MAM peuvent apparaître.
Il faut savoir que tout le monde est sujet à un moment ou à un autre au mal des montagnes. Même les alpinistes professionnels peuvent y être sensibles et l’entraînement, la jeunesse ou encore le nombre d’ascensions déjà effectuées dans sa vie ne protège pas du MAM.
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Symptômes du MAM
Quels sont les symptômes
Les symptômes bénins
Le premier symptôme est très souvent le mal de tête. Celui-ci, généralement bénin sera traité avec une médication basique.
Autres symptômes bénins régulièrement observés :
Fatigue et lassitude
Perte d’appétit et/ou nausées
Troubles du sommeil
Vertiges
A ce stade ces symptômes ne représentent pas d’urgence, il faut juste veiller à ce qu’ils ne s’aggravent pas ou que d’autres pathologies ne viennent s’ajouter. Du repos et éventuellement une médication adaptée règlera généralement le problème.
Les symptômes graves
Signes possibles suggérant un OCHA (Œdème Cérébral de Haute Altitude)
Maux de tête violents résistants à la médication
Confusion mentale, désorientation, hallucination, incohérence
Trouble de l’équilibre
Autres signes possibles
Signes possibles suggérant un OPHA (Œdème Pulmonaire de Haute Altitude)
Essoufflement durable même au repos
Toux grasse
Crachats rosés et/ou mousseux
Teint bleuté, lèvres cyanosées
Si rien n’est fait, un OCHA ou un OPHA peuvent évoluer en coma voir en décès. Dans le cadre d’un site destiné à des personnes n’ayant aucune compétence médicale il est impératif de garder à l’esprit que le traitement le plus efficace rapidement est de : redescendre !!!
Que faire
Symptômes légers :
S'arrêter, se reposer (environ 24h), prendre une médication adaptée et surveiller.
Symptômes graves :
Redescendre immédiatement d’au moins 500m et plus si nécessaire. Une médication spécifique administré par un médecin ou une personne spécialement formée pourra être utile.
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Signes / gravité
C'est surtout la nuit que les symptômes peuvent s'aggraver, c'est donc pendant la nuit qu'il faudra surveiller celui ou celle qui aura manifesté des signes de Mal Aigu des Montagnes. Un mal de tête qui devient peu à peu insupportable, un équilibre défaillant, des difficultés respiratoires importantes, ... sonnent comme des alertes à ne surtout pas négliger. La fuite vers le bas est la seule issue et il faudra consulter un médecin dès que possible.
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Prévention
Pour prévenir le MAM (au-dessus de 3000m)
La règle d'or est simple - Monter haut, dormir bas – En clair, il faut dormir plus bas que l’altitude la plus haute atteinte dans la journée. Environ 300m à 500m plus bas. Ce n’est pas l’altitude atteinte dans une journée qui compte mais l’altitude à laquelle vous allez dormir. De plus, les symptômes du MAM surviennent généralement la nuit.
Vous pouvez aussi :
Veillez à ce que l’altitude entre un bivouac et le suivant ne soit pas supérieur à 400m.
Tous les 1000m de dénivelés gagnés dormez deux nuits à la même altitude.
Hydratation ++ : 3 à 4 litres d’eau par jour.
L’air en altitude est particulièrement sec et l’hyperventilation consécutive à l’hypoxie provoque une déshydratation plus importante. Il est dit que des urines claires sont un indicateur fiable pour évaluer sont état hydrique, c’est vrai mais attention, en atmosphère froide on urine souvent beaucoup et le liquide est clair mais cela peut être trompeur et cacher un état hydrique insuffisant.
Évidemment on évitera l’alcool à tout prix car celle-ci aggrave la déshydratation et augmente la sensibilité au froid.
Alimentation : on va privilégier les glucides et éviter les graisses très difficiles à métaboliser.
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À retenir
Je ne me surestime pas
Je monte lentement pour laisser le temps à mon organisme de s'adapter
Je dors plus bas que la plus haute altitude atteinte dans la journée
Je surveille chez moi et chez les autres l'apparition des premiers signes bénins et je repère toutes aggravations.
C'est surtout la nuit que les signes d'aggravation apparaissent
En cas de symptômes graves il faut redescendre. Savoir renoncer n'est pas un signe de couardise mais d'intelligence.